Le gouverneur élu de Rio de Janeiro, Douglas Ruas, a commencé à constituer son administration en veillant à ce que les départements clés restent sous sa propre influence politique, plutôt que de laisser leurs postes être répartis entre les alliés du sénateur Flávio Bolsonaro et d’autres personnalités du Parti libéral (PL). Ruas a remporté l’élection dès le premier tour, alors que Bolsonaro était au sommet de sa puissance politique, mais le sénateur a ensuite perdu l’élection présidentielle, ce qui a rendu incertain son rôle au sein du futur gouvernement de l’État.
Ruas a choisi des alliés politiques pour occuper des postes centraux au palais Guanabara, notamment à la Maison civile, au Secrétariat du gouvernement et au département chargé des communications et des relations institutionnelles. Il souhaite également choisir lui-même les dirigeants de grands départements tels que l’Éducation et la Santé, afin d’éviter que les postes gouvernementaux soient attribués à des parlementaires, comme cela s’est produit sous l’ancien gouverneur Cláudio Castro.
La sociologue Maria Gabriela Bessa, actuellement secrétaire d’État aux Villes, est le choix de Ruas pour diriger la Maison civile. Le député d’État Jair Bittencourt (PL) devrait prendre la tête du Secrétariat du gouvernement, tandis que Bruno Bonetti (PL), suppléant du sénateur Romário, devrait prendre en charge les Communications et les Relations institutionnelles. La gouverneure élue Fernanda Louback (PL) dirigera le Secrétariat à l’inclusion et aux femmes.
Ruas entend également soutenir le député d’État Anderson Moraes (PL) dans la course à la présidence de l’Assemblée législative de Rio de Janeiro pour la prochaine législature. Moraes est proche de Flávio Bolsonaro, mais, selon le récit, le soutien de Ruas s’explique par les liens que les deux élus ont noués à l’Assemblée, plutôt que par l’influence du sénateur.
L’un des premiers différends concernant la nouvelle administration porte sur le projet de Ruas de supprimer les secrétariats distincts de la Police civile et de la Police militaire. Il a qualifié de confuse l’organisation actuelle, qui comprend trois départements — Police civile, Police militaire et Sécurité —, et promis de placer les deux forces sous l’autorité d’un seul secrétaire à la Sécurité. Cette personne n’a pas encore été nommée.
Certains alliés pressent Ruas de revoir cette réforme. Il soutient que le retour à la structure en vigueur jusqu’en 2018 ne supprimerait pas l’autonomie administrative et financière des deux forces de police, une position contestée par les délégués de police et les officiers militaires.
La sécurité publique a été un thème majeur de la campagne de Ruas. Il a soutenu les opérations de police et appelé à retirer la létalité policière des objectifs du secteur. Vendredi, commentant le détournement de bus dans la zone nord de la ville, il a déclaré que le gouvernement répondrait par le renseignement, la planification, le respect de la loi et la force.
Ruas s’est également rendu à Brasília pour rencontrer des dirigeants du Congrès et nouer des liens avec des juges de la Cour suprême. Le bureau de transition doit ouvrir cette semaine au siège de la Fédération des industries de l’État de Rio de Janeiro, dans la capitale de l’État.
Sources: Folha Poder.