L’économie américaine affiche des chiffres solides en apparence, mais le président Donald Trump n’a pas convaincu les électeurs avec ses affirmations selon lesquelles le pays serait entré dans un « âge d’or ». La croissance s’est accélérée pour atteindre un taux annualisé de 3,4 % au troisième trimestre, le chômage s’élevait à 4,2 % et l’inflation sous-jacente atteignait 2,5 % selon l’indice des prix à la consommation et 3 % selon l’indice des dépenses de consommation personnelle.

D’autres indicateurs témoignent également de la vigueur de l’économie. Les prix de l’énergie sont inférieurs à ceux pratiqués dans la plupart des autres pays riches, les entreprises investissent massivement dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle, et des sociétés étrangères, dont Audi, ont annoncé leur intention de construire des usines aux États-Unis. Les données de la Réserve fédérale citées dans le reportage montrent que le patrimoine net des ménages a augmenté dans toutes les catégories de revenus depuis 2019, notamment d’environ 80 % pour le cinquième le moins aisé.

Pourtant, à l’approche des élections de mi-mandat, les électeurs attribuent de mauvaises notes à Trump pour sa gestion de l’économie. Un récent sondage de NBC a révélé que 53 % des républicains étaient insatisfaits de la situation économique. Selon la moyenne de récents sondages compilée par l’analyste électoral Nate Silver, 25,3 % des électeurs approuvaient la gestion de l’inflation par Trump, tandis que 69,5 % la désapprouvaient.

Le reportage souligne que les électeurs ont tendance à évaluer les prix par rapport à leur propre expérience récente plutôt qu’à comparer les États-Unis aux autres économies industrialisées. Depuis le début de la guerre contre l’Iran, l’inflation est passée de 2,4 % à 3,7 %. Le prix de l’essence est passé de 2,99 $ à 4,18 $ le gallon, tandis que celui du diesel est passé de 4,25 $ à 6,31 $. Les salaires réels, qui progressaient de 1,2 % par an, baissent désormais de 0,7 %.

Le logement est également devenu moins abordable pour de nombreux ménages. Les taux des prêts hypothécaires classiques à 30 ans sont passés de 6 % à 7,3 %, tandis que le taux d’épargne personnelle a chuté de 5,3 % à 3,8 % du revenu disponible. Selon l’article, les ménages puisent davantage dans leurs ressources financières pour maintenir leurs dépenses, ce qui soutient l’économie dans son ensemble tout en accentuant l’inquiétude des consommateurs.

Trump avait fait campagne en promettant de mettre fin à l’inflation, et le taux actuel reste supérieur aux 2,9 % enregistrés au cours du dernier mois de la présidence de Joe Biden, selon le reportage. Outre la guerre contre l’Iran, les droits de douane imposés par Trump sont cités parmi les facteurs de hausse des prix. Le Budget Lab de l’université Yale estime que ces droits de douane coûtent au moins 1 100 $ par an au ménage moyen.

La corruption est également devenue un sujet de préoccupation pour les électeurs. Le reportage évoque l’enrichissement croissant de la famille Trump et les activités commerciales de personnes appartenant à l’entourage du président, qui ont contribué à l’impression que le gouvernement est à vendre. Un sondage de Navigator Research a révélé que 60 % des électeurs estiment que Trump a accru la corruption à Washington.

L’alliance de Trump avec les milliardaires de la technologie pourrait constituer un autre risque politique. Dans un sondage YouGov réalisé en juillet, 71 % des Américains ont déclaré que les grandes entreprises technologiques et leurs dirigeants avaient trop de pouvoir. Les centres de données, dont les entreprises ont besoin pour développer l’IA et que l’administration considère comme un moteur économique, suscitent des controverses dans de nombreuses circonscriptions, en raison des préoccupations concernant les coûts de l’énergie et de l’eau, le bruit des travaux et l’intelligence artificielle.

Sources: FAZ.