La gauche française a critiqué lundi le camp d’Édouard Philippe, candidat d’Horizons à l’élection présidentielle de 2027, après des propos établissant un lien entre le pillage de commerces le 17 octobre et l’immigration. Les critiques ont notamment visé la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, qui soutient l’ancien Premier ministre et maire du Havre.

S’exprimant sur Franceinfo, Mme Bregeon a déclaré que M. Philippe avait exprimé ce que pensent de nombreux Français, soutenant que la France était confrontée à un véritable problème d’intégration. Ses commentaires lui ont valu des accusations de reprendre des idées associées à l’extrême droite.

La candidate écologiste Marine Tondelier a déclaré que Mme Bregeon avait adopté un vocabulaire historiquement utilisé par Jean-Marie Le Pen et s’est demandé pourquoi elle restait au gouvernement. Le député communiste Ian Brossat a également estimé que les termes employés par M. Philippe ressemblaient à des expressions utilisées par le fondateur de l’ancien Front national lorsqu’il tenait des propos racistes.

Dans un entretien accordé au Point la semaine précédente, M. Philippe avait qualifié d’« évidente » une prétendue surreprésentation de jeunes issus de l’immigration parmi les personnes impliquées dans les pillages de commerces du 17 octobre. Il a réaffirmé le fond de ces propos lors d’un entretien diffusé dimanche soir sur TF1.

Lundi, M. Philippe a défendu sa position sur X, déclarant qu’une France diverse et unie devait réapprendre comment des personnes de toutes origines peuvent vivre ensemble. Il a reconnu que ce n’était pas toujours la réalité et a mis en garde contre le rejet d’autrui.

L’ancien Premier ministre a déclaré que la cohésion nationale nécessitait de reprendre le travail sur le modèle d’intégration de la France, ainsi qu’une lutte résolue contre les discriminations touchant à la fois les Français issus de l’immigration et les étrangers pleinement intégrés à la société. Il répondait à Jean-Luc Mélenchon, qui l’a accusé de s’exprimer par calcul électoral plutôt que par conviction.

Mme Bregeon a également défendu M. Philippe, affirmant que toute personne située à droite d’Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, était désormais qualifiée de raciste par M. Mélenchon.

L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a été le principal critique extérieur à la gauche. Il a décrit les propos de M. Philippe comme la preuve d’un déplacement politique et a mis en garde contre le fait de réduire les personnes à des caractéristiques visibles telles que la religion ou la couleur de peau. M. Faure a lui aussi accusé M. Philippe de dériver vers les préjugés racistes.

Bien que son soutien ait reculé dans les sondages d’opinion, M. Philippe reste, selon l’article, le candidat le mieux placé du centre et de la droite, dans une campagne actuellement dominée par le Rassemblement national et La France insoumise.

Sources: Le Monde Politique.