Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, doit comparaître devant une commission d’enquête de l’Assemblée nationale le mardi 3 novembre à 16 h 30. Il s’agit de la première audition de la commission, qui doit examiner les violences et les pillages survenus pendant et après une mobilisation le 17 octobre et le lendemain.

Les députés examineront la manière dont les autorités publiques préparent ce type d’événement, les renseignements et les moyens dont elles disposent, ainsi que la façon dont les préfectures transmettent les informations aux maires. La commission se penchera également sur une éventuelle ingérence étrangère, l’influence des réseaux sociaux, l’organisation des personnes impliquées dans les violences, les mesures de maintien de l’ordre et l’adéquation de la réponse pénale. Le gouvernement a reconnu des défaillances dans l’anticipation de l’ampleur de la mobilisation du 17 octobre.

L’audition de Nuñez intervient dans un contexte de désaccords sur l’organisation de l’enquête. Le Rassemblement national a annoncé qu’il boycotterait les travaux après ne pas avoir obtenu le poste de rapporteur, tandis qu’Agnès Firmin Le Bodo s’est mise en retrait, estimant que les circonstances avaient porté atteinte à la crédibilité de la commission. Certains députés de gauche souhaitaient que le ministre soit entendu plus tard, afin de pouvoir s’appuyer sur les éléments recueillis lors d’autres auditions.

Le ministre avait également été interrogé lundi par la commission des Lois de l’Assemblée au sujet du budget de l’État. Il a déclaré qu’il n’excluait pas le recours à des équipements intermédiaires, notamment des grenades et des gaz lacrymogènes, estimant que les policiers devaient disposer de moyens pour se défendre lorsqu’ils sont attaqués. Il a également affirmé qu’il ne suspendrait pas l’usage des gaz lacrymogènes par précaution, en invoquant des études menées en 2021 et 2022 qui, selon lui, n’ont révélé aucun effet durable.

Nuñez avait proposé sa démission au président Emmanuel Macron, qui l’a refusée. Lors de l’audition de lundi, il a rejeté l’idée que l’action de la police relevait de la répression et déclaré que son rôle était de prévenir les troubles à l’ordre public. Il a expliqué qu’il intervenait lorsque des violences se produisaient, notamment lorsque des personnes brisaient des vitrines ou attaquaient la police avec des cocktails Molotov.

Sources: Le Monde Politique.