Prendre soin de ses relations personnelles peut être un élément important du bien-être, mais cette question reçoit moins d’attention que des préoccupations de santé bien connues, comme le tabagisme, l’inactivité et l’alimentation. Le psychologue Álvaro Tejedor affirme que les liens sociaux et le soutien perçu peuvent influer sur des facteurs tels que l’estime de soi et l’identité, et que la conversation joue un rôle central dans le maintien de ces liens.

Les conversations peuvent aller de brefs échanges du quotidien à des discussions plus vulnérables sur ce qui préoccupe une personne. Tejedor, spécialiste de la communication et des compétences sociales, explique que les conversations plus profondes ne surgissent pas soudainement : elles reposent sur de petits signes progressifs d’intérêt et d’ouverture, ainsi que sur un cadre où les gens se sentent suffisamment en sécurité pour parler honnêtement.

Cela vaut aussi au travail. Tejedor décrit les relations professionnelles, la culture d’entreprise et le leadership comme des facteurs susceptibles d’influer sur la santé et le développement professionnel. Selon lui, les conversations informelles peuvent contribuer à créer la sécurité nécessaire à une communication plus étroite.

Il met également en garde contre l’idée qu’une absence de désaccord prouve qu’une relation est paisible. Les conflits peuvent permettre aux gens de faire part de leurs préoccupations et de points de vue différents, et conduire à de nouveaux accords ou à des changements dans la manière de faire les choses. À l’inverse, l’absence de conflit peut révéler un manque de communication, souvent lié à une confiance ou à une intimité insuffisantes.

Comme des conversations importantes ne surviennent pas toujours spontanément au milieu des emplois du temps chargés et de la fatigue, Tejedor recommande de leur consacrer du temps dans les relations de couple, les familles, les amitiés et les milieux professionnels. Il estime que la phrase « Il faut qu’on parle » pourrait être perçue comme une invitation à réfléchir à ce qui peut être amélioré et à reconnaître ce qui fonctionne déjà bien, plutôt que comme quelque chose à redouter.

Au travail, cela pourrait prendre la forme de réunions individuelles régulières qui ne se limitent pas à un simple point de routine. Dans un couple, Tejedor suggère de réserver une heure chaque semaine pour discuter, notamment des aspects positifs de la relation, au lieu de se concentrer uniquement sur les problèmes.

Pour les discussions difficiles, il recommande de décrire ce qui se passe plutôt que de juger l’autre personne, de reconnaître son point de vue, puis de chercher des solutions communes à l’aide de propositions concrètes et en discutant de leurs avantages. Il conseille également de se préparer en clarifiant ses préoccupations, tout en restant ouvert à l’écoute active et aux points de vue inattendus.

Sources: elDiario.es.