La cheville supporte plusieurs fois le poids du corps à chaque pas, pourtant les exercices ciblant la cheville et la plante du pied sont souvent absents des routines habituelles. Une méta-analyse de 2023 citée dans la source a révélé que 30 % des personnes âgées vivant à domicile chutent au moins une fois par an. Les chutes sont également associées à des conséquences graves : la source indique que 95 % des fractures de la hanche résultent directement d’une chute et qu’un patient sur cinq ayant subi une fracture de la hanche décède dans les 12 mois.

La peur de tomber peut amener les personnes à limiter leur activité, ce qui affaiblit davantage leurs muscles et peut accroître le risque d’une nouvelle chute. Une méta-analyse de 2025 portant sur 57 449 participants dans 34 études a révélé qu’une vitesse de marche plus lente était associée à un risque de chute plus élevé. La source cite également une revue de 16 essais cliniques randomisés impliquant 651 personnes âgées, qui a établi un lien entre la faiblesse des fléchisseurs plantaires et la raideur de la cheville, d’une part, et des scores d’équilibre moins bons ainsi qu’un risque de chute accru, d’autre part.

La faiblesse des pieds et des chevilles peut affecter davantage que la force nécessaire à la marche. Le pied fournit également au système nerveux des informations sensorielles sur le sol et la position du corps. Le podologue Hipólito Montesinos Verdú et la kinésithérapeute Andrea Velázquez expliquent qu’une sensibilité réduite de la plante du pied peut altérer la proprioception — la capacité à percevoir la position des articulations sans les regarder — et retarder la réaction du corps lorsqu’on trébuche. La source précise que les chaussures fortement amortissantes peuvent aggraver cette perte de rétroaction sensorielle.

L’inactivité et l’excès de poids peuvent accentuer la sollicitation. Selon Montesinos, l’inactivité affaiblit les muscles qui soutiennent les voûtes plantaires et stabilisent la cheville, tandis que le surpoids augmente la charge mécanique sur les articulations. Il cite également la fasciite plantaire, la tendinite d’Achille, les douleurs à l’avant-pied et l’arthrose de la cheville parmi les problèmes associés à la faiblesse des pieds, qui peut modifier la démarche et contribuer à l’instabilité.

Velázquez recommande de commencer par une stimulation sensorielle, par exemple en touchant différentes textures avec la plante des pieds, les yeux fermés. Les exercices peuvent ensuite solliciter la cheville dans différents mouvements : se mettre sur la pointe des pieds, relever les orteils en gardant les talons au sol et effectuer de petites rotations du pied. Montesinos suggère également de ramasser une serviette avec les orteils. Ces mouvements peuvent être réalisés en prenant appui sur une table ou une chaise.

Pour progresser, Velázquez conseille de faire des montées sur la pointe d’un seul pied, d’abord en se tenant à un support et pendant une durée qui reste confortable. Un exercice où le genou avance au-delà des orteils du pied avant, en position de fente basse, peut contribuer à améliorer la flexion de la cheville. Elle suggère aussi d’intégrer la marche sur la pointe des pieds et sur les talons dans la vie quotidienne. La source recommande de commencer par des séances courtes et adaptées à ses capacités, et de s’appuyer sur un support si nécessaire.

Sources: elDiario.es.